14 mai 2008
La Proie et l’Ombre
Betancourt : le président équatorien promet de "redoubler d'efforts".
Agence France-Presse, 14 mai 2008.
Deux mois que tout le monde a perdu le contact
Avec les chefs de ces soldats de l’épouvante,
Et qui veut croire en ce moment la voir vivante ?
Tout coi, plus que l’absence, a un énorme impact.On ne sent pas non plus que l’espoir reste intact
De la remettre un jour malgré ce qu’on nous vante,
Tant la piste est secrète et souvent décevante
Et celui qui la suit doit s’y prendre avec tact !Nous n’avons pas compris l’objet de ce chantage :
Un fief contre un serment de rendre aux siens l’otage
N’est pourtant pas si neuf aux yeux d’un vrai forban.Sera-t-elle en tout temps le prix trop cher du nombre
De ceux qu’ils ont laissés sans plus de sens au ban ?
La proie est prise au piège obscur des lois d’une ombre.
07 mai 2008
Le Style et l’Ingérence
Birmanie : la junte freine l'aide aux victimes.
Le Parisien, 7 mai 2008.
Birmanie : la junte filtre l’aide aux victimes.
Libération, 7 mai 2008.
Sommes-nous trop à l’aise et juste en mal d’action ?
Il n’est pas rare au prix qu’on donne aux magazines
De prendre à cœur les maux qu’ont les nations voisines,
Qu’un cyclone ait chez nous fait place à l’affliction…Les coups durs sont le lot de tous et non l’onction
D’un ciel si noir qu’il faut l’horreur de ses gésines
Pour prendre ici le pouls du fond de nos usines :
Dans le malheur de l’autre on confond sa sanction.C’est loin de nous que naît l’ambition d’un ministre
Quand son souci trop lourd affiche un front sinistre
S’il ne peut mettre un terme à la junte au pouvoir !Cet homme habile et sauf a son sabir, manie
Sa proie et l’ombre à chaud en espérant bien voir
Le jour où prendre à sa façon sa Birmanie.
02 mai 2008
La Loi du Genre
Olmert soupçonné de corruption.
Le Figaro, 2 mai 2008.
Ehoud Olmert sur la sellette.
La Tribune, 2 mai 2008.
L’un après l’autre, ils sont plongés dans la débine
Après avoir tant fait pour le bonheur des citoyens,
On leur reproche alors leur triche et leurs moyens
Pour jouir d’un vrai bureau spécial de la combine.C’est vrai que pour tirer le fil de sa bobine
Le faîte est bien l’endroit rêvé pour nos doyens,
Et s’ils n’ont pu sévir qu’aux dépens des païens,
Un mauvais coup se règle à coups de carabine.Il n’est pas sans danger d’être au gouvernement,
Premier ministre, on l’est sur la foi d’un serment
Mais pas sur un passé surtout quand il est trouble.Quand le scandale éclate, il est souvent trop tard
Pour mettre avec la toise un homme à l’exact rouble
De ce qu’il doit sans voir qui met feu au pétard…
22 avril 2008
La Vérité est Ailleurs
Clinton-Obama : une primaire démocrate cruciale en Pennsylvanie.
Le Monde, 22 avril 2008.
Hillary Clinton joue son va-tout en Pennsylvanie.
Le Figaro, 22 avril 2008.
Bien que tout soit calé le spectacle est ailleurs :
Qui donc va l’emporter parmi les démocrates ?
Les jeux ne sont pas faits selon les technocrates
Depuis qu’un challenger séduit de bons bailleurs.C’est sans doute un filon pour les faux-monnayeurs
Qui font feu de tout bois avec des bureaucrates
Pour mieux garnir le coffre-fort des ploutocrates
Quand les gens ont la tête aux lendemains meilleurs.Ceux qui sont au pouvoir seront toujours les mêmes,
Toujours à faire appel aux cœurs combien tu m’aimes ?
À répandre un peu plus, un peu moins d’argent vert.Par peur d’être un vieux mâle idiot de phallocrate
Ou d’avoir l’air de ne pas être assez ouvert,
Pourquoi ne pas voter pour un autre autocrate ?
14 avril 2008
Aucun Chemin ne mène à Rome
Élections italiennes : la participation est en légère baisse.
Le Monde, 14 avril 2008.
Les gérontes italiens s'accrochent au pouvoir.
Le Figaro, 14 avril 2008.
La passion n’est pas là et la campagne est terne
Car les deux grands partis sont trop assujettis
Tant les enjeux sont grands et les moyens petits,
Mais la question de fond paraît très subalterne !Les fiers vainqueurs seront au fond de la citerne
Tant que les gouvernants n’ont pas les bons outils
Pour asseoir leur pouvoir sur tous les appétits
Qui vont l’user bientôt dans la querelle interne.Qui voudrait le pouvoir sans pouvoir l’exercer ?
Le succès n’est pas fait pour se laisser fesser,
Pour boire un vieux litron de vin jusqu’à la lie.Gagner pour le plaisir de vaincre est dangereux,
On s’use et la conquête est vite une ordalie
Dont l’issue est au bout d’un étroit chemin creux.
12 avril 2008
Qui sont les Pirates
Paris pousse pour une loi antipiraterie.
Libération, 12 avril 2008.
Ponant — Golfe d’Aden, les portes de l’enfer.
France-Soir, 12 avril 2008.
Si tout est bien qui finit bien pour les marins,
Les chefs d’état-major ont vu d’un ton comique,
Ce franc succès, mais ça ne fait pas polémique :
Pas de quartier pour des bandits trop tôt sereins !L’argent de la rançon versé à leurs parrains,
On attaque en dépit d’un code académique
Des gueux sur le terrain d’un État anémique,
Car nos pouvoirs publics sont là-bas souverains.Le temps béni où l’on faisait au loin la course
Était celui du sourd éclat de la grande ourse
Les mers du Sud vont être un jour sans intérêt.Ainsi, la Terre est sans le sel de l’aventure
Et partout la police oppose un coup d’arrêt
Aux forbans bien qu’on paie au final la facture.
08 avril 2008
Affres d’État
Arche de Zoé : Breteau ne regrette rien et affirme que Paris était au courant.
Agence France-Presse, 8 avril 2008.
Les membres de l'Arche de Zoé sont "tenus de payer", selon Rachida Dati.
La Tribune, 8 avril 2008.
S’il sort du trou et s’il attaque avec justesse
Ceux grâce à qui tous sont rentrés à la maison
Pour une histoire un jour devenue un poison,
C’est qu’il n’a pas avant fait vœu de politesse.Sans doute un jour a-t-il été pris de vitesse
Par la raison d’État qui l’a mis en prison,
Et c’est normal puisqu’elle est né à l’horizon
Juste après qu’il ait pris l’opinion d’une altesse.Était-il assez fourbe en misant sur des jeux
Dont il maîtrisait mal l’enjeu bien trop fangeux ?
Non : l’homme a trop de cœur et pas assez de ruse.Ces conseils en haut lieu ne sont pas rassurants
Tant leurs minois ont la couleur de la céruse,
Cent trois enfants depuis n’ont pas vu leurs parents.
05 avril 2008
De Retour dans le Monde des Vivants
Un médecin des Farc décrit une Ingrid Betancourt en très mauvaise santé.
Libération, 5 avril 2008.
Manifestations en Colombie pour la libération de tous les otages.
Le Monde, 5 avril 2008.
Tout est en place, ou presque, au pied de la forêt,
Chacun promet de suivre un service après-vente,
Tout le monde est d’accord pour la revoir vivante
Dès qu’ils ont sur le cou le vent du couperet…C’est qu’à présent, les uns ont vu leur intérêt :
Bien sûr, sa mort serait circonstance aggravante
Et pour elle, ils sont prêts à toute action savante
Mais pour l’instant, tout ce beau monde est à l’arrêt.En fait d’otage, elle est passée au rang d’icône,
Plus belle en plus que la plastique en silicone
De l’actrice à l’écran dont le sourire émeut !Le nôtre a le sait-on plus d’un tour dans sa manche
Puisqu’on dirait que grâce à lui, chacun se meut
De faire assaut d’onctions pour la revoir dimanche.
02 avril 2008
La bonne Place est toujours Chaude
Le pouvoir de Mugabe ne tient plus qu’à un fil.
Libération, 2 avril 2008.
Élections au Zimbabwe : la tension s'accroît.
Les Échos, 2 avril 2008.
Laisser tout choir après vingt-huit ans de pouvoir ?
Mais vous n’y pensez pas : ce truc-là, ça se garde
En dépit d’un scrutin qu’on perdrait par mégarde,
Car le peuple a voté pour mieux se faire avoir…Si le décompte est flou tant qu’on n’y peut rien voir,
L’opinion s’est soumise et s’est montrée hagarde
Un peu partout, tant et si bien qu’on la regarde
Sans crainte en lui laissant le temps de se mouvoir !Si le peuple en a marre, on sait bien qu’il se grise,
Rien n’est perdu tant qu’on a fait pourrir la crise,
Tout est question de temps dans le continent noir.La place est bonne et le plaisir de vivre est rare,
Un fol espoir peut bien couler dans l’entonnoir
Mais le plus fort depuis vingt-huit ans reste Harare.
31 mars 2008
Arrêt sur Image
Va-et-vient d’un avion médicalisé pour Ingrid Betancourt.
Libération, 31 mars 2008.
Ingrid Betancourt : l'inquiétant silence des Farc.
Le Figaro, 31 mars 2008.
Tout était prêt pour un sacré succès mondial :
Un avion blanc et des soldats en couverture,
Ce qu’il faut exhiber pour hausser sa stature
Et ce qu’il faut cacher aussi, c’est primordial !Parfois, le chef rebelle est un peu plus cordial,
Ses échecs ont eu l’heur d’adoucir sa nature,
On donne accord pour le montant de la facture,
Tout est calé pour un splendide émoi prandial.C’est en secret des jours avant que tout s’emmanche,
Tous les détails sont vus pour faire un beau dimanche
Mais tout capote, hélas, dans les derniers moments.On se demande à quoi ça tient, la vie humaine !
Ce petit fil qui tremble au gré des vents déments,
Un rien qui peut nous faire abhorrer la semaine.
